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eriizustrations

old school

Cela fait dix ans tout rond que je rêve d’être dans la situation dans laquelle je suis.

Il y a vingt ans, même si je m’amusais déjà à me représenter “adulte” et dans le métier que j’exerce, rien ne pouvait laisser apparaître ce qui allait se profiler cette semaine.

Pour l’atteindre, j’ai dû passer par un certain nombre d’étapes plus ou moins heureuses comme : travailler à plein temps et faire mes études en parallèle pendant cinq années, faire 94 000 km en train pour assurer la classe à des élèves, voir le lever du soleil tous les matins (et parfois être dans le train déjà 3h avant qu’il se lève), convaincre des personnes incompétentes que ces 94 000 km garantissent que ma santé est en danger, osciller chaque jour au gré des illusions-désillusions-espoir-désespoir, assurer la rentrée de mes élèves et les abandonner le jour suivant, et aussi ne rien faire.

Finalement, c’est cette dernière étape qui a eu raison de moi et de mon admnistration, mais j’aurais bien aimé qu’on me prévienne quelques années avant, que c’était ça, la clé : j’aurais économisé de l’énergie…

Ma vie d’aujourd’hui peut enfin se loger dans mes idéaux. Savourer quelques minutes le calin que le chat me fait au réveil, avoir, à côté de mon activité professionnelle, la liberté de développer mes passions et mes relations, partager à midi un repas avec D., être reconnue dans mes droits.

Le plus de ce cadeau de rentrée, c’est le plaisir de remettre les pieds dans l’école qui m’a accueillie quand j’étais encore élève, avec son lot de bons souvenirs : Géraldine et son rire rauque, les vannes de Mickaël en classe de neige, la danse des “Vélomoteurs“, les trois mousquetaires escortes, le visage sans rides de Mme R.

Elle n’en a toujours pas, vingt ans après. Et visiblement moi non plus, puisqu’elle se souvient de moi.

Ni elle, ni moi, ne nous attendions à travailler un jour ensemble.

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