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eriizustrations

m’icient et m’ailleurent

Je connais cet endroit intime. Je suis souvent passée devant sa porte d’entrée, les samedis matins déserts, choisissant cet itinéraire pour m’autoriser une diversion avant le travail.

Je connais cet endroit amical. J’ai souvent regardé par sa fenêtre, imaginant quelle pouvait être la vie précédente de la passerelle. Et quelle passerelle avait-il prise pour se retrouver ici.

Je connais cet endroit secret. Was ist das?

Je reconnais les empreintes, qu’ici il a laissées. Pensant à cela, je me demande s’il a laissé les petits cailloux blancs qui mènent jusque chez lui. Pensant à cela, mon esprit se déplace déjà en rêve, ailleurs.

Je ne connais pas cet endroit, ailleurs. Mais je sais qu’ici il nous a confié les clés pour qu’on puisse l’y retrouver.

Tof, je te donne rendez-vous en juillet, probablement le 10, dans ton nouveau chez toi…

Dropped in: liferiizu around 19:32

pétale

Dropped in: liferiizu around 19:59

la vie est un miracle, l’univers une cloche à fromage

Bien que ma journée d’hier ait été vécue comme une autre, en recensant certaines de ses anecdotes je me rends compte qu’elle était différente.

J’ai acheté toutes les douilles à vis de chez habitat parce qu’elles étaient à moitié prix.

J’ai échangé des idées sur la communication non verbale avec un coiffeur, et ce en parlant très peu.

C’est mon assureur qui m’a payé le resto .

La guichetière de la poste a voulu me vendre 6 timbres pour totaliser 84 centimes, alors qu’il existe un timbre à 86 centimes. Elle n’a pas compris que je postais 12 lettres et ne voulais pas passer la nuit à coller des timbres.

Le feuilleté aux pommes est devenu une tarte à l’ananas. Ou à l’orange?

“La tête de moine c’est le kebab du fromage”, me dit-il.

J’étais assise pendant deux heures à côté d’un objet qui figure dans le livre des records.

De quoi sera faite ma journée d’aujourd’hui? Probablement que j’irai louer le film “La vie est un miracle“.

Dropped in: liferiizu around 11:32

Une nucléose en mono s’il vous plait!

Certaines se réveillent d’un sommeil de cent ans quand on les embrasse.

D’autres s’effondrent de sommeil.

Dropped in: liferiizu around 22:09

fouriiiiiiiiiiiiiirr

Je décide de laisser passer le bus et de marcher jusqu’à l’arrêt suivant, ainsi ma cigarette peut être fumée entièrement et mes idées s’organisent dans ma tête.

L’état de fatigue du jour trouve un juste équilibre : les émotions me sont accessibles directement, sans rationaliser. Le bilan est sensible et heureux.

Soupiiiiirr

J’ai, pour la deuxième fois de la semaine, laissé mon esprit se dédoubler : ai-je vraiment rêvé ces moments que j’ai l’impression d’avoir déjà vécus?

Dans mon rêve, Wakako avait-elle les cheveux si longs? Affichait-elle un sourire qui ne laisse présumer à personne que, peut-être, elle est déjà nostalgique de ce qu’elle a pu vivre en France?

Le tableau noir était-il si proche de mon visage lorsque je l’ai effacé? Pourtant, je n’ai pas rêvé ce nuage de craie en suspension dans l’air, en reposant le chiffon.

Ces doutes se dispersent aussi vite qu’un gramme de craie dans l’espace : je suis devant ce mur à quelques mètres de l’arrêt de bus, dont JS m’a parlé hier soir. Je ne peux pas m’empêcher de repenser à Mathieu me décrivant, avec le talent et l’humour de Gad Elmaleh, le jour où ils l’ont peint. Les litres de rhum ingurgités. Le portrait arrangé.

Fouriiiiirr

J’ai maintenant de quoi me rassurer : ce bout de mur a une histoire qui n’est pas un rêve, mais une épopée, et passant devant tous les jours pour aller travailler, je saurai comment me donner le souriiiiirr.

Dropped in: liferiizu around 20:08

en réserve

J’observe les murs de ma vi(ll)e qui évoluent chaque jour.

Des images s’y déposent, parfois s’y fixent, parfois dans l’éphémère.

Je suis sensible à leur aspect réservé, juste pour moi, dans mon parcours.

Et lorsque je les partage, elles se montrent timides, au croisement d’axes familiers et de recoins intimes. Seuls ceux qui s’aventurent sur les routes que j’emprunte peuvent les voir.

J’aprécie de ces images qu’elles ne disent pas tout. Elles savent, avec justesse, offrir à la lumière leurs valeurs claires, et laisser en réserve leur part d’obscurité. A l’invité de laisser son imagination recomposer l’ensemble, ou de se satisfaire de ce qui lui est visible.

J’apprécie cette technique du pochoir, comme celles qui permettent de créer ce que j’appelle des images “plates”et reproductibles : scanner, photocopieuse, offset. Mais pour celle-ci, c’est la réserve qui construit l’image, d’où mon attirance…

Il semblerait en plus que ce soit redevenu une pratique courante, à en voir les murs de ma ville, et même les affiches de cinéma.

Alors qui sait, peut-être que bientôt vous verrez des pochoiriizu un peu partout! Quelqu’un est-il tenté de m’accompagner?

Dropped in: liferiizu around 18:34

eruchiizu

Aujourd’hui, une petite fille m’a appelée ELISABEILLE. Peut-être m’a-t-elle trouvée mielleuse…ou piquante…

J’ai toujours adoré les nombreuses variations possibles de mon prénom, Elisabulle, Babelinette, Biou, Bibou, Lisa, Lison, Elise et bien sûr Eriizu!

Dropped in: liferiizu around 17:33

ta mère…

S’il y a bien une expression qui me faisait rire quand j’étais ado, c’est “ta mère en short devant le prisu”.

D’abord,  parce que se représenter l’image de la mère de la personne (à un moment de sa vie où de toute façon, tout le monde se moque de ses parents) dans une situation ridicule était encore assez bon enfant. En short, en tongs, en peignoir ou autre accoutrement, donnait à l’image davantage de dérision, surtout si le contexte de cette image était issu du  quotidien, comme faire les courses, aller à la piscine. Ca rapprochait l’image de cette mère, à celle de la mémé du coin aux Mephisto et tablier fleuri. Bref, je trouvait ça tordant.

Ensuite, avec des amis plutôt inspirés, est arrivée une vague de dérives, ça donnait à peu près ça :

- Ta mère c’est Aldo Macione.

- Ta mère c’est Hugues Aufray.

- Ta mère c’est ALF.

- Ta mère  c’est José Garcia.

- Ta mère c’est Corbier.

etc…

Mais aujourd’hui, en revenant du boulot dans un tram envahi de lycéens à crêtes et jeans slims j’ai entendu ça :

- Ta mère la terroriste.

- Ta mère, elle deale devant l’école primaire.

- Ta mère c’est Hannibal Lecter.

Et sinon, en faisant ma petite enquête je suis tombée sur celles-ci :

-  Ta mère en scaphandrier dans une soirée techno.

- Ta mère en cadeau dans Pif Gadget.

- Ta mère en kit chez Ikéa.

- Ta mère en Lada customisée.

- Ta mère elle va à la caisse d’épargne pour ouvrir des noisettes.

Dropped in: liferiizu around 20:08

Inspecteur gadget

Ce serait avec grand plaisir que je vous raconterais les souvenirs que j’ai de mes goûters télévisuels…mais ce sera pour une autre fois.

Hier, j’ai accueilli dans une des classes où je remplace, l’inspecteur d’académie, celui de circonscription et tous les conseillers qui vont avec, le maire et une foule d’adjoints municipaux. Imaginez que nous sommes passés de 30 personnes à 60 en quelques secondes.

Nos invités-minute ont demandé aux élèves de se lever, visiblement c’est un rituel lorsque des personnes entrent dans une classe.

Ils ont observé ce qui se passait, donc rien à part des élèves debout, pendant environ cinq longues minutes. Et se sont extasiés devant deux mots que j’ avais écrits au tableau, deux fois le mot “grammaire”, une fois dans mon programme du jour, une fois comme titre de séance. J’imagine qu’avec les nouveaux programmes qui viennent de sortir, ça les a soulagés de constater qu’ils sont appliqués.

Cela ne les a pas pour autant inspirés à me saluer : aucun d’entre eux ne m’a dit bonjour, ni serré la pince…

…Et dire que ce sont ces personnes là qui dirigent l’éducation et la formation des élèves…

Dropped in: liferiizu around 13:52

old school

Cela fait dix ans tout rond que je rêve d’être dans la situation dans laquelle je suis.

Il y a vingt ans, même si je m’amusais déjà à me représenter “adulte” et dans le métier que j’exerce, rien ne pouvait laisser apparaître ce qui allait se profiler cette semaine.

Pour l’atteindre, j’ai dû passer par un certain nombre d’étapes plus ou moins heureuses comme : travailler à plein temps et faire mes études en parallèle pendant cinq années, faire 94 000 km en train pour assurer la classe à des élèves, voir le lever du soleil tous les matins (et parfois être dans le train déjà 3h avant qu’il se lève), convaincre des personnes incompétentes que ces 94 000 km garantissent que ma santé est en danger, osciller chaque jour au gré des illusions-désillusions-espoir-désespoir, assurer la rentrée de mes élèves et les abandonner le jour suivant, et aussi ne rien faire.

Finalement, c’est cette dernière étape qui a eu raison de moi et de mon admnistration, mais j’aurais bien aimé qu’on me prévienne quelques années avant, que c’était ça, la clé : j’aurais économisé de l’énergie…

Ma vie d’aujourd’hui peut enfin se loger dans mes idéaux. Savourer quelques minutes le calin que le chat me fait au réveil, avoir, à côté de mon activité professionnelle, la liberté de développer mes passions et mes relations, partager à midi un repas avec D., être reconnue dans mes droits.

Le plus de ce cadeau de rentrée, c’est le plaisir de remettre les pieds dans l’école qui m’a accueillie quand j’étais encore élève, avec son lot de bons souvenirs : Géraldine et son rire rauque, les vannes de Mickaël en classe de neige, la danse des “Vélomoteurs“, les trois mousquetaires escortes, le visage sans rides de Mme R.

Elle n’en a toujours pas, vingt ans après. Et visiblement moi non plus, puisqu’elle se souvient de moi.

Ni elle, ni moi, ne nous attendions à travailler un jour ensemble.

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Dropped in: liferiizu around 19:19
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