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eriizustrations

eruchiizu

Aujourd’hui, une petite fille m’a appelée ELISABEILLE. Peut-être m’a-t-elle trouvée mielleuse…ou piquante…

J’ai toujours adoré les nombreuses variations possibles de mon prénom, Elisabulle, Babelinette, Biou, Bibou, Lisa, Lison, Elise et bien sûr Eriizu!

ta mère…

S’il y a bien une expression qui me faisait rire quand j’étais ado, c’est “ta mère en short devant le prisu”.

D’abord,  parce que se représenter l’image de la mère de la personne (à un moment de sa vie où de toute façon, tout le monde se moque de ses parents) dans une situation ridicule était encore assez bon enfant. En short, en tongs, en peignoir ou autre accoutrement, donnait à l’image davantage de dérision, surtout si le contexte de cette image était issu du  quotidien, comme faire les courses, aller à la piscine. Ca rapprochait l’image de cette mère, à celle de la mémé du coin aux Mephisto et tablier fleuri. Bref, je trouvait ça tordant.

Ensuite, avec des amis plutôt inspirés, est arrivée une vague de dérives, ça donnait à peu près ça :

- Ta mère c’est Aldo Macione.

- Ta mère c’est Hugues Aufray.

- Ta mère c’est ALF.

- Ta mère  c’est José Garcia.

- Ta mère c’est Corbier.

etc…

Mais aujourd’hui, en revenant du boulot dans un tram envahi de lycéens à crêtes et jeans slims j’ai entendu ça :

- Ta mère la terroriste.

- Ta mère, elle deale devant l’école primaire.

- Ta mère c’est Hannibal Lecter.

Et sinon, en faisant ma petite enquête je suis tombée sur celles-ci :

-  Ta mère en scaphandrier dans une soirée techno.

- Ta mère en cadeau dans Pif Gadget.

- Ta mère en kit chez Ikéa.

- Ta mère en Lada customisée.

- Ta mère elle va à la caisse d’épargne pour ouvrir des noisettes.

Inspecteur gadget

Ce serait avec grand plaisir que je vous raconterais les souvenirs que j’ai de mes goûters télévisuels…mais ce sera pour une autre fois.

Hier, j’ai accueilli dans une des classes où je remplace, l’inspecteur d’académie, celui de circonscription et tous les conseillers qui vont avec, le maire et une foule d’adjoints municipaux. Imaginez que nous sommes passés de 30 personnes à 60 en quelques secondes.

Nos invités-minute ont demandé aux élèves de se lever, visiblement c’est un rituel lorsque des personnes entrent dans une classe.

Ils ont observé ce qui se passait, donc rien à part des élèves debout, pendant environ cinq longues minutes. Et se sont extasiés devant deux mots que j’ avais écrits au tableau, deux fois le mot “grammaire”, une fois dans mon programme du jour, une fois comme titre de séance. J’imagine qu’avec les nouveaux programmes qui viennent de sortir, ça les a soulagés de constater qu’ils sont appliqués.

Cela ne les a pas pour autant inspirés à me saluer : aucun d’entre eux ne m’a dit bonjour, ni serré la pince…

…Et dire que ce sont ces personnes là qui dirigent l’éducation et la formation des élèves…

old school

Cela fait dix ans tout rond que je rêve d’être dans la situation dans laquelle je suis.

Il y a vingt ans, même si je m’amusais déjà à me représenter “adulte” et dans le métier que j’exerce, rien ne pouvait laisser apparaître ce qui allait se profiler cette semaine.

Pour l’atteindre, j’ai dû passer par un certain nombre d’étapes plus ou moins heureuses comme : travailler à plein temps et faire mes études en parallèle pendant cinq années, faire 94 000 km en train pour assurer la classe à des élèves, voir le lever du soleil tous les matins (et parfois être dans le train déjà 3h avant qu’il se lève), convaincre des personnes incompétentes que ces 94 000 km garantissent que ma santé est en danger, osciller chaque jour au gré des illusions-désillusions-espoir-désespoir, assurer la rentrée de mes élèves et les abandonner le jour suivant, et aussi ne rien faire.

Finalement, c’est cette dernière étape qui a eu raison de moi et de mon admnistration, mais j’aurais bien aimé qu’on me prévienne quelques années avant, que c’était ça, la clé : j’aurais économisé de l’énergie…

Ma vie d’aujourd’hui peut enfin se loger dans mes idéaux. Savourer quelques minutes le calin que le chat me fait au réveil, avoir, à côté de mon activité professionnelle, la liberté de développer mes passions et mes relations, partager à midi un repas avec D., être reconnue dans mes droits.

Le plus de ce cadeau de rentrée, c’est le plaisir de remettre les pieds dans l’école qui m’a accueillie quand j’étais encore élève, avec son lot de bons souvenirs : Géraldine et son rire rauque, les vannes de Mickaël en classe de neige, la danse des “Vélomoteurs“, les trois mousquetaires escortes, le visage sans rides de Mme R.

Elle n’en a toujours pas, vingt ans après. Et visiblement moi non plus, puisqu’elle se souvient de moi.

Ni elle, ni moi, ne nous attendions à travailler un jour ensemble.

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rentréeriizuu

Vendredi, l’école était vide. Je l’ai remplie de ma motivation construite en deux mois.

Elle et moi avons pris un dernier souffle de tranquilité, avant le défilé multicolore des bambinos assoiffés de retrouvailles.

Un orgue de barbarie, dont j’ignore encore la provenance sonore, laissait derrière lui quelques notes comme des papillons, comme des enfants, sautillants et gais.

Demain, l’aube sera à moi, et pour 10 mois de réveils sursautés.

Demain, nous boirons du café en nous racontant nos vacances, comme Everland (pour savoir à quoi ressemble une rentrée, en vrai et en drôle, cliquez ici puis cliquez sur la vignette”Le journal d’un remplaçant”) .

Illustration Friday : Visitors

Ils ont visité mon rêve d’avant le sommeil. Electriques, iridescents.

Ils ont teinté ma nuit d’une couleur inquiétante, malgré leur apparence voluptueuse.

Puis ils se sont transformés en ombres fugaces.

Before my sleep, they have visited my dream. Electric, iridescents.

They tinted my night of a worrying color, in spite of their voluptuous appearance.

Then, they were transformed into fugacious shades.

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foam

Certains ont des maisons en carton,

d’autres des coquilles,

d’autres ont des corps,

et puis il y a ceux qui ont une maison en mousse.

Et cela ne signifie en aucun cas qu’elle n’est pas solide.

réflexions du dance-floor

Je suis enthousiaste à l’idée de sortir de chez moi. Je passe du temps à me préparer : ce soir j’ai envie de ressembler à une actrice des années 50. Mes cheveux sont crantés, mes yeux sont bichés et mon pendentif à trésor tapote mon plexus.

Je salue quelques amis et remplace la présence des clubeurs par le punch, puis la délicieuse caïpirinha de M.

Plus tard, grâce à ce célèbre titre disco (cliquez ), quelques personnes se déhanchent. Nous savons que ce morceau passe en boucle chez M. en ce moment, et qu’elle en est saoule.

- Elle est au bord du suicide musical, me dit-il naturellement.

Défile alors une brochette de trentenaires féminins, animée de demandes à l’égard du DJ, comme dans les boums du collège.

-Je suis sûr qu’elles veulent du Sean Paul…

(si vous n’avez pas peur du suicide musical, cliquez ici)

Il avait malheureusement raison. Et nous sommes loin du glamour dont j’avais envie en me pulvérisant avec Yvresse. La drague du dance-floor passe lourdement.

-Les princes charmants d’aujourd’hui ne sont pas ceux dont les demoiselles rêvent. Ils ont des crêtes de punks et repartent de chez toi au réveil avec ta télé!

-Rentrons!

climb

Quel temps fait-il aujourd’hui?

Il grimpe dans mes chevilles.

Comment vas-tu aujourd’hui?

Il pleure sans cesse sur les toits.

Qu’as-tu fait aujourd’hui?

Il a clapoté des mots sur mon clavier.

Que retiens-tu de ta journée?

Il meut le souvenir.

Les couleurs de la nuit

Je quitte, en fermant les yeux, le monde aux images réelles.

Je ne suis pas encore dans celui des images inconscientes des rêves.

Entre les deux, il y a un espace de projection en mode aléatoire, où se succèdent des formes et des couleurs qui dansent au gré de mes sensations.

De la douceur : et ce sont des vieux roses  irisés qui calinent des mauves chauds. Ils se mêlent comme l’encre d’un pinceau trempé dans l’eau.

De la joie : et le jaune se fait or en paillettes, éclaboussant un tapis d’indigo velouté.

De la tristesse : et le cadre se resserre et s’assombrit focalisant sur des gris anthracite, denses, où une lueur rassurante se fait ressentir par la présence de terres de sienne.

Du bien-être : et les formes géométrique de l’abstraction lyrique jouent à “chat” dans un dégradé allant du bleu pétrole au jaune acide. Ils laissent de la place à des invités particuliers, les bleus turquoise, canard, verts d’eau.

De l’excitation :  et c’est un festival de rouges aigus. Le carmin d’un drapé de velours, le vermillon d’un vêtement en skaï tout droit sorti des eighties, le rouge d’espagne des lèvres de Victoria Abril.

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